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Publié le 31 mars 2022 | par Myriam

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Vallée de la Saône

De l’Arar à la Saône d’aujourd’hui

saone histoireDe tout temps, l’homme s’est installé à proximité des cours d’eau. Et la Saône n’échappe pas à la règle, comme en attestent les fouilles de 2014qui témoignent d’une occupation de ses rives par Néandertal. Partons ensemble à la découverte d’un territoire chargé d’histoire et de patrimoine.

Bien après Néandertal, les Romains se sont aussi intéressés de près à la Saône (l’Arar). Lieu de combat entre les Helvètes et les armées de César (58 av. J.-C.), passage obligé pour porter la « civilisation » plus à l’est, la Saône est aussi le lieu de villégiature de nombreux romains dont les villas donneront naissance aux communes que nous connaissons aujourd’hui : Lunna (Belleville), Asa Paulini (Anse), Ludna (Saint-Georges), Mastico (Mâcon), Lugdunum (Lyon)… Quant à Muntunulum (Montmerle), il fut l’un des derniers villages gaulois à résister à l’envahisseur romain, d’où le surnom « d’hérétiques gaulois des Alpes » donné à ses habitants. Mais où est Asterix ?

Au Moyen-âge, la Saône devient la frontière naturelle entre le royaume de France et le duché de Savoie et à la Renaissance, ses rives voient naître l’histoire de la soierie à Lyon grâce aux foires où commercent des marchands de tissu.

LA SAÔNE AUJOURD’HUI

saone plattardAprès les épisodes tumultueux qu’elle a traversé tout au long de son histoire, notre belle rivière coule aujourd’hui des jours heureux, à l’instar de ses riverains. Plus que jamais, elle demeure un élément primordial pour l’activité humaine de la région : une activité industrielle avec des entreprises telles que Granulats Vicat ou Plattard, artisanale avec des constructeurs ou réparateurs de bateaux, mais aussi commerciale avec de nombreux restaurants dont nous nous faisons l’écho chaque année dans le Petit Guide en Terrasse… Et n’oublions pas les nombreuses activités de loisirs, qu’il s’agisse de nautisme de plaisance – dont le futur centre névralgique, à savoir le port fluvial du Bordelan, est en cours de construction -, de pêche, de ski nautique, de jet ski, voire de simple balade à pieds ou à vélo.


saone chiffres

LES ACTIVITÉS SUR LA SAÔNE

DE LA PÊCHE À L’AVIRON…

Exception faite de la baignade, au mieux non recommandée, au pire interdite, les activités de loisirs sur les rives de la Saône sont nombreuses.

Dès les beaux jours, les rives de Saône, réputées pour leur sérénité et leur fraîcheur, voient affluer les badauds et les sportifs. Il est vrai que l’environnement de la rivière ouvre à une multitude de possibilités, toutes synonymes de détente. Du barbecue en famille à la journée de pêche, en passant par la marche ou le vélo sur les chemins de halage, la plaisance et les sports nautiques tels que l’aviron, le ski nautique et ses dérivés (wakeboard, wakesurf) et le jet ski, tout un chacun peut y trouver son bonheur, dans la limite des zones réglementées.

Et si les riverains de la Saône en sont les usagers privilégiés, ils la partagent avec de nombreux touristes qui remplissent les campings installés à proximité (Thoissey, Montmerle, Villefranche-sur-Saône, Anse, Trévoux…). La Saône est aussi le théâtre d’animations, qu’elles soient sportives comme les compétitions d’aviron ou les joutes nautiques (dont les premiers témoignages à Lyon remontent au XIIe siècle), et récréatives comme les feux d’artifice qui trouvent ici un site de rêve pour être tirés. 


saone chateau flechereUn riche patrimoine
Ouvrages, châteaux, loisirs…

La Grande Saône, entre Lyon et Chalon, a toujours été un axe commercial d’importance. C’est ce qui explique ses constants changements de physionomie au fil des siècles et sa grande richesse patrimoniale dont de nombreux témoignages perdurent aujourd’hui pour notre plus grand plaisir.

De châteaux en aménagements fluviaux, en passant par les équipements de loisirs, et les maisons de plaisance, la Saône offre à voir de nombreux trésors architecturaux qui jalonnent son ancien chemin de halage devenu un axe touristique culturel à part entière.

saone eclusejpgAinsi, les plus anciennes bâtisses (châteaux de Fléchères, de Chavagneux, de Laye ou de Longsard) transformées en demeures de villégiature pour aristocrates et grands bourgeois à la Renaissance, témoignent des péages de franchissement de la Saône tenus au Moyen Âge par les seigneurs locaux.

Au 19e siècle, soit un siècle après les autres voies fluviales, la Saône fait l’objet d’aménagements consistant à en faciliter la navigation. À la faveur de ces modifications, le cours de la rivière est canalisé et certaines îles disparaissent comme celles du Roquet à Trévoux dont il ne reste que deux îlots aujourd’hui contre six en 1844. Toutefois, ces travaux (constructions de digues, de perrés, creusement du chenal, écluses…) n’ont en rien modifié le cycle de crues hivernales qui garantit la fertilité des terres agricoles avoisinantes. À noter que des 12 écluses originales sur la Grande Saône, il n’en reste que 5 dont celle de Couzon-au-Mont-d’Or.

L’ÈRE DES LOISIRS

Au 20e siècle, l’aménagement de la rivière s’oriente vers l’aspect récréatif : création de plages (Villefranche), de bassins de joutes (Saint-Romain-des-Îles), de plans d’eau associés aux campings et bases de loisirs, mais aussi de piscines comme à Trévoux où le premier bassin de natation sur la Saône est créé en 1931. Autre patrimoine d’ordre récréatif, les guinguettes et restaurants sont nombreux en bord de Saône, souvent en lieu et place d’anciens établissements liés à la navigation commerciale (relais de mariniers ou de chevaux).


Gastronomie en bord de Saône

saone grenouilleSpécialités poissonnières

En France où chaque région a son fromage, son vin et ses spécialités, les rives de la Saône ne font pas exception avec une gastronomie essentiellement basée sur les produits de la pêche.

Spécialité emblématique des bords de Saône, les cuisses de grenouilles en persillade ne sont pourtant pas l’apanage exclusif de notre région, à l’inverse d’autres mets tels que la pochouse, sorte de délicieuse matelote de poissons de rivière (tanches, anguilles, perches, carpes et brochets) au vin blanc, la carpe de la Dombes en goujonnettes, en rillettes, en tartare, en nuggets ou bien farcie, le brochet de la Dombes au bleu, à la crème, au beaujolais ou farci à l’oseille, ou encore la matelote d’anguilles au vin rouge. À cela, vous pouvez encore ajouter la petite friture, composée autrefois de poissons de rivière (vairons, goujons) ou de lac (gardons, ablettes, perchettes) qui, en raison de la raréfaction des pêcheurs professionnels locaux, est aujourd’hui majoritairement constituée de joëls. Et n’oublions pas les écrevisses, mets raffiné entre tous, qui s’accordent aussi bien avec le poulet qu’avec le pigeon et qui se dégustent en gratin ou en quiche… j’en passe et des meilleures.

Autant de grands classiques de la région que les restaurateurs des bords de Saône vous proposent dans le cadre enchanteur de leurs établissements. Bon appétit !


sone voiebleueLa voie bleue du Luxembourg à Lyon à vélo

La Voie Bleue, ce sont 700 km de voyage à pieds ou à vélo au bord de l’eau, du Luxembourg à Lyon. Un itinéraire qui permet de suivre la Moselle sur plus de 350 km, de découvrir le canal des Vosges et de parcourir l’entièreté de la Saône, de sa source à sa confluence avec le Rhône, et rejoindre la ViaRhôna jusqu’à la Méditerranée.

Une occasion incomparable pour les cyclistes, et pourquoi pas, pour les randonneurs, d’embrasser parmi les plus beaux paysages et patrimoines que compte notre pays en suivant tantôt les chemins de halage, tantôt les voies vertes, tantôt les rives des cours d’eau. Au programme : 23 étapes, 25 lieux incontournables, 4 vignobles, 15 villages de charmes et plusieurs sites inscrits à l’UNESCO dont le Géopark Beaujolais ou le centre historique de Lyon.

Et si vos aptitudes sportives ne vous permettent pas d’envisager l’itinéraire complet et que vous souhaitez vous cantonner à un périple régional, vous pouvez, par exemple, débuter votre parcours à Thoissey et vous rendre jusqu’à Trévoux. Une balade de 32 km jalonnée de sites remarquables, de guinguettes qui le sont tout autant et de sujets de haltes culturelles. De quoi déambuler durant 3 heures pour les plus aguerris ou toute la journée pour les flâneurs curieux qui termineront la promenade sur l’estacade de Trévoux (voir ci-dessous) avant de partir à la découverte de la ville historique, capitale de la Principauté de Dombes.

LA VOIE BLEUE EN DÉTAILS

Pour vous permettre de préparer votre balade de la meilleure façon, la Voie Bleue, Moselle-Saône à vélo met à votre disposition un site Internet (www.lavoiebleue.com) particulièrement bien conçu qui vous fournit toutes les informations nécessaires au bon déroulement de votre randonnée : les suggestions de parcours par difficulté et durée, les sites incontournables, les tracés en PDF ou GPX (fichier pouvant être importé dans une application GPS), produits du terroir et spécialités locales et toutes sortes d’informations pratiques (où dormir, où manger, les travaux et déviations…). De quoi rouler et savourer sans se poser de question.


ESTACADE À TRÉVOUX

LE CHEMIN DE HALAGE EN MAJESTÉ

saone estacadeDans le cadre de ses politiques de mobilité et de tourisme, la communauté de communes Dombes Saône Vallée s’est engagée dans un vaste programme de travaux visant à requalifier le chemin de halage et à résorber les ruptures cyclables. Sur ses 540 mètres, l’estacade va à la fois favoriser la pratique des déplacements doux au quotidien et inscrire la CCDSV dans l’itinéraire touristique « Voie Bleue, Moselle-Saône à vélo ». L’ancien chemin de halage étant occupé par la route départementale 933 – un axe très fréquenté -, l’estacade permettra de sécuriser cyclistes et piétons du passage inférieur sous la passerelle à l’Ouest au chemin de halage existant à l’Est. Pour davantage de sécurité encore, elle sera constituée de deux éléments distincts : une piste cyclable de 4 m de largeur située au niveau de la route départementale (à l’abri des crues) et une passerelle piétonne située 45 cm en contrebas, en aplomb de la Saône. Si l’impact bénéfique sur l’environnement est évident, il faut également se féliciter de la cohérence esthétique avec le cadre du centre historique de Trévoux et avec les matériaux de l’opération « Bas Port » déjà réalisée par la ville. À noter que le projet final permettra de créer une connexion vélo avec la future gare du Bus à Haut Niveau de Services (BHNS) qui desservira Trévoux pour aller à Lyon Part-Dieu à partir de 2025. 



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