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Publié le 6 mai 2019 | par redaction

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Philippe Torreton

L’homme des rôles forts

au Théâtre de Villefranche dans « J’ai pris mon père sur mes épaules »

jai pris mon pere (c)sonia barcetÀ 53 ans, cet ancien sociétaire de la Comédie-Française (de 1994 à 1999) a un long palmarès à son actif : 35 films, 18 séries ou téléfilms, 38 pièces de théâtre (dont 18 à la Comédie-Française et une en tant que réalisateur), 1 César du meilleur acteur, 1 Molière et de multiples autres prix prestigieux.

Spécialisé dans les rôles sérieux, voire ombrageux, engagé en politique, Philippe Torreton, lors de sa dernière visite au Théâtre de Villefranche en 2011, nous a prouvé qu’il était aussi à l’aise dans une comédie débridée et foldingue signée Labiche (Un pied dans le crime) que dans la peau d’un Présumé coupable (Vincent Garenq, 2011).

DÉBUT D’UNE LONGUE HISTOIRE
Sa passion du jeu d’acteur est née au collège. Et même si de prime abord il ne se destine pas à une carrière artistique, il tente le Conservatoire d’art dramatique de Paris en 1987 et y est admis. C’est le début d’un beau parcours qui le mènera à la Comédie-Française en 1990, d’abord comme pensionnaire avant d’en devenir le 489e sociétaire en 1994.

DÉSIR DE CINÉMA
Si le théâtre lui procure d’emblée un plaisir intense, il désire aussi faire carrière sur grand écran. C’est à Claude Pinoteau qu’il doit sa première apparition cinématographique dès 1991 dans La neige et le feu. L’année suivante, tandis qu’il joue le Malade imaginaire pour la Comédie-Française, il est repéré par Bertrand Tavernier qui lui offre un rôle dans son film L627. La collaboration Tavernier-Torreton se poursuit, d’abord avec L’Appât (1995), puis pour Capitaine Conan (1996), un drame épique sur les horreurs de la Grande Guerre dans lequel il a le rôle principal qui lui vaudra le César du meilleur acteur l’année suivante.

LA STATURE DES GRANDS HOMMES
Ce qui frappe chez Torreton, c’est sa stature, sa présence, son charisme. Des qualités d’acteur qui lui ont permis d’incarner des grands hommes, de Napoléon Bonaparte à Jaurès, en passant par Mazarin ou encore Colbert, en s’investissant à fond dans la peau de son personnage.

DANS LA PEAU DE JAURÈS
Lors de l’interview de 2011, à propos de son interprétation de Jaurès (Jaurès, la naissance d’un géant – 2005), il nous faisait part de ses sentiments, d’autant plus forts qu’ils touchaient la corde sensible de son engagement politique. “La peur d’abord, en raison de l’importance qu’a cet homme pour moi… Et puis surtout par rapport à sa réputation d’énorme tribun : quelqu’un qui captivait l’auditoire par son érudition, par la profondeur de sa voix, par son accent… Quand on est acteur, ce genre de choses, ça fout le trac ! Si on joue Napoléon, Jules César ou Cléopâtre, on se moque de savoir comment ils parlaient… mais quand on s’approche d’un personnage comme Jaurès, cela devient une vraie responsabilité.”

J’AI PRIS MON PÈRE SUR MES ÉPAULES
Après huit ans d’absence, Philippe Torreton nous revient enfin à Villefranche, mais cette fois dans un mélodrame librement inspiré de chants de L’Enéide de Virgile : J’ai pris mon père sur mes épaules. Une pièce à la fois contemporaine et classique dans laquelle il incarne le rôle d’un homme atteint d’un cancer que son fils entreprend d’accompagner jusqu’au cœur du Portugal où il mourra après une série d’épreuves. À ne pas rater, les jeudi 9 et vendredi 10 mai prochains au Théâtre de Villefranche.

© Sonia Barcet



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