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Publié le 2 octobre 2018 | par redaction

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Dossier : Biomania

article bio la nature a du bon imagesLa part du bio en France

Près de 90 ans après la création de la première filière bio en France par Raoul Lemaire, en 1931, et presque cinq décennies après que l’agriculture Biologique ait fait son entrée au salon de l’agriculture de Paris, le bio est devenu incontournable, que ce soit dans l’alimentation, la cosmétique, les produits ménagers ou le textile. Une évolution des mentalités, voire une petite révolution, qui vise à reconquérir une forme de qualité de vie ancestrale.

En un peu plus de 20 ans, les surfaces engagées en agriculture bio ont été multipliées par 10. Fin 2017, elles atteignaient 1 744 411 hectares, soit une augmentation de 13,4% par rapport à 2016.
Preuve s’il en est d’une prise de conscience aiguë, tant de la part des consommateurs que de celle des agriculteurs, de l’intérêt sanitaire et écologique (l’agriculture biologique préserve la qualité des sols, les ressources en eau et la biodiversité) de la démarche. Une prise de conscience qui a un coût, puisque en dépit de cette croissance exponentielle, l’offre bio origine France ne suffit pas encore à répondre à la demande. Reste à savoir si elle le pourra un jour ?

DÉMÊLER LE VRAI DU BIO
Afin de permettre au plus grand nombre de consommer bio, les grands distributeurs et quelques marques de l’industrie agroalimentaire ont développé au cours des dernières années des gammes de produits bio qui se veulent plus accessibles qu’en magasin spécialisé.
Si leur intérêt nutritionnel reste évidemment meilleur que celui des produits conventionnels, le bio de supermarché est néanmoins soumis à la logique de rendement de la grande distribution, au détriment parfois de certaines valeurs environnementales et sociales : pays producteurs à la main d’œuvre bon marché, matières premières de moindre qualité, conditions de culture proches de celles de l’agriculture intensive… Bref, le contraire même du principe fondamental de l’alimentation bio qui consiste à faire passer la logique de qualité avant la logique de rendement.

L’INDUSTRIALISATION DU BIO
Les effets pernicieux de cette course au bio pourraient, à terme, entraîner des dérives qui transformeraient progressivement l’agriculture biologique en une industrie qui reproduirait les mêmes maux que les méthodes conventionnelles qu’elle prétend remettre en cause. Heureusement, le militantisme des « vrais » spécialistes du bio nous protège pour un certain temps encore de ce fléau éventuel.

TOUS MILITANTS
Outre les professionnels militants du secteur, les consommateurs eux-mêmes font émerger de nouvelles tendances bénéfiques à l’environnement – en réduisant l’empreinte carbone liée au transport ou à une production sous serre coûteuse en énergie -, et à leur propre santé. Parmi celles-ci figurent “le manger local et de saison” et l’autoproduction.

Une tomate cultivée hors-sol en serre émet vingt fois plus de gaz à effet de serre que celle produite en pleine saison !

MANGER LOCAL ET DE SAISON
En seulement quelques décennies, la grande distribution nous a donné de bien mauvaises habitudes. Celles qui consistent à penser que nous pouvons consommer ce que nous voulons quand nous le voulons, sans tenir compte de la saisonnalité des produits. Pourtant, pour mieux comprendre l’impact qui découle de cette pratique, il suffit de savoir qu’une tomate cultivée hors sol en serre, par exemple, émet vingt fois plus de gaz à effet de serre que celle produite en terre en pleine saison… D’où l’intérêt croissant des Français pour les produits locaux et les circuits courts : ventes à la ferme, Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), etc.

L’AUTOPRODUCTION
Autre tendance florissante, l’autoproduction se répand au même rythme que l’urbanisation. Les Français sont de retour aux fourneaux et la moitié d’entre eux cultivent ses fruits, ses légumes ou ses herbes aromatiques. Une démarche qui s’explique par une défiance croissante vis-à-vis des aliments industriels. Mais encore faut-il disposer d’un jardin ou d’un balcon pour y faire croître ses cultures. Heureusement, pour tous ceux qui n’ont pas cette chance, les professionnels du bio, à petite ou grande échelle, sont là.


Priorité à la santé

TOUS LES ASPECTS DU BIO

Même si l’alimentation reste le fer de lance de la consommation bio, ce nouveau mode de vie touche tous les secteurs, des produits d’entretien aux cosmétiques, en passant par les jouets, les produits de jardinage ou de bricolage, les meubles et les revêtements de sol. La raison de cet engouement de plus en plus vif pour le naturel tient en deux mots : perturbateurs endocriniens.

Des poissons qui changent de sexe, des grenouilles devenant fluorescentes sous l’effet de la pollution des rivières, des biberons au bisphénol A dangereux pour les bambins (et interdits en France depuis 2015), nous avons tous entendu parler des perturbateurs endocriniens.

UN TABLEAU EFFRAYANT
Ce terme générique, presque anodin, regroupe rien moins que 550 substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme telles que les dioxines, le mercure ou encore le bisphénol A. Les PE sont définies par l’OMS comme des substances modifiant les fonctions du système endocrinien (hormonal), avec des effets nocifs sur notre santé (cancers hormono-dépendants, diabète, maladies neurologiques, diminution de la fertilité masculine…) et éventuellement celle de notre descendance (troubles du comportement chez l’enfant, malformations des bébés…).

ILS SONT PARTOUT…
À la simple lecture de ces lignes, il y a de quoi être effrayé. Mais le plus ennuyeux dans tout cela, c’est que ces PE sont partout dans notre environnement, disséminés par l’entremise, entre autres, des pesticides, et contaminent l’eau, les aliments, l’air, les poussières, et tous produits ou articles de consommation courante…

… OU PRESQUE !
Et c’est là que le bio trouve toute sa raison d’être. Du point de vue de l’alimentation, le mode de production bio permet d’éviter totalement (ou presque) les résidus de pesticides, paradis des PE… Il est néanmoins évident que le choix du bio ne met pas à l’abri des PE d’origine naturelle. Ainsi, les produits à base de soja renferment des phytoestrogènes qui miment l’action des oestrogènes dans l’organisme. D’où la recommandation de ne pas donner de soja aux enfants de sexe mâle.

PRODUITS SANS DANGER
Il aura fallu des années pour que le plomb disparaisse des pots de peinture. Mais tandis que nous nous débarrassions d’une plaie, les PE prenaient insidieusement le relais. Fort heureusement, on trouve désormais des peintures bio, exemptes de produits pathogènes, au même titre que nous disposons de produits de bricolage, de jardinage et de cosmétiques sans danger…

LE BIO S’IMPOSE
Dans le même sens, il convient d’être vigilant lorsqu’on acquière des jouets peints au formaldéhyde, des moquettes, canapés, textiles et vêtements imperméables type Gore-Tex assaisonnés au PFC et des meubles recouverts de brome (ignifuge)… La liste des produits qui nous entourent et contiennent des perturbateurs endocriniens serait bien trop longue à énumérer. Une chose est sûre, à tous les niveaux, et pas uniquement dans nos assiettes, un retour au naturel, et subséquemment au bio, s’impose !

DES CHIFFRES QUI PERTURBENT…

Selon une étude réalisée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), 52 % des fruits et légumes classiques contiennent des pesticides, et par conséquent, des perturbateurs endocriniens. Et 7 à 8 % dépassent la limite maximale résiduelle !
Côté bio, les nouvelles sont plus rassurantes. Plusieurs études dans plusieurs pays convergent pour estimer que seuls 2 à 3 % des fruits et légumes bio sont contaminés. CQFD.


La valse des labels bio

Les labels bio ont fleuri entre 1980 et 2000 en réaction à l’intensification de la production industrielle agricole.

AB Agriculture Biologique Certifie logoLa marque AB de certification, comme le logo bio européen, identifie des produits 100% bio ou contenant au moins 95% de produits agricoles bio dans le cas des produits transformés.

Bio EuropeBIO EUROPE
Le label bio européen impose à tous les fabricants de produits issus de l’agriculture biologique d’afficher sur leur emballage la fameuse feuille verte, symbole de la certification Bio Europe.

logo bio coherenceBIO COHÉRENCE
Créé par des acteurs du développement durable, la certification Bio Cohérence est plus stricte que le label bio AB car elle exige que les produits bio soient cultivés, produits et transformés en France.

ecocert logoECOCERT
Le label Ecocert se retrouve surtout sur les emballages des cosmétiques et produits d’hygiène. Les produits certifiés contiennent au minimum 95% d’ingrédients d’origine naturelle et transformés selon des procédés respectueux de l’environnement.

cosmebio logoCOSMÉBIO
Contrôlée par Ecocert ou Qualité France, Cosmébio est une association de professionnels de la cosmétique naturelle et écologique.

caporal peintures gleize logo ecolabelÉCOLABEL
Les écolabels garantissent un niveau d’exigence élevé en termes de limitation des impacts des produits et services sur l’environnement, tout en maintenant leur niveau de performance. Les deux écolabels français sont NF Environnement et l’Ecolabel Européen.



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