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Publié le 1 mars 2018 | par Rédaction

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Dossier Journée Internationale des Femmes 2018

8 mars 2018

Le combat ne fait que commencer

170 ANS : UNE ÉTERNITÉ !
En 2017, le thème de cette manifestation laissait présager une avancée notable sur le chemin de l’égalité au sens large du terme entre femmes et hommes pour 2030. Toutefois, d’après le rapport 2016 du Forum économique mondial sur la parité homme/femme, si rien ne change, il faudra attendre 2186 pour que l’égalité hommefemme au travail devienne une réalité. Soit 170 ans… Et cela ne concerne qu’une des nombreuses disparités qui opposent les genres.

INÉGALITÉ PHYSIQUE ET LÂCHETÉ
Sans aborder les faits qui font les choux gras de la presse actuellement, il n’est pas inutile de rappeler qu’en France, tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint. À lui seul, ce chiffre devrait nous faire prendre conscience du rapport de force qui régit encore notre société et nous amener à changer de comportement.

Autant dire que le 8 mars a encore un bel avenir devant lui et que la lutte des femmes n’est pas terminée.

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Du talent et des femmes…
Féministes militantes ou non, confrontées aux hommes ou presque exclusivement aux femmes dans l’exercice de leur activité, nos invitées s’expriment sur leur vécu et sur le ressenti qu’elles ont de cette inégalité entre les genres. Chef d’entreprise, directeur technique, directrice de théâtre, responsable communication… ce sont avant tout des femmes de passion, de courage, de talent et de volonté.

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journee internationale des femmes Amelie CasasoleAMÉLIE CASASOLE
Théâtre de Villefranche
Vous les femmes…
Après avoir dirigé l’Atrium de Tassin durant 7 ans, Amélie Casasole a succédé à Alain Moreau à la tête du Théâtre de Villefranche.
Quadragénaire dynamique, Amélie a exploré presque tous les domaines de la représentation théâtrale : du jeu à la mise en scène, en passant par l’aide à la création. Autant dire que les planches n’ont aucun secret pour elle. Des planches et tout un univers culturel qu’elle souhaiterait davantage féminin. Ce combat pour l’égalité hommes-femmes, elle le mène au sein de l’association HF Rhône-Alpes* dont elle est membre. Il faut dire que dans les domaines artistiques, le gouffre est inquiétant. “Environ 80 % des lieux de culture sont dirigés par des hommes, et 1 à 2 % des compositrices de musique sont jouées alors que les conservatoires nationaux débordent d’étudiantes…”

Dans ce milieu essentiellement masculin, “une artiste femme a beaucoup de difficultés à réunir des fonds pour produire son oeuvre. Il faut par conséquent faire connaître les chiffres afin d’entraîner une prise de conscience et de changer les choses.”

* HF Rhône-Alpes invite les acteurs culturels de la région à mettre en pratique les principes d’égalité hommesfemmes.

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journee internationale des femmes delphine bouDELPHINE BOU
L’Institut d’Anse
Imagine…

À l’instar d’autres domaines d’activité très féminins, l’institut de beauté échappe apparemment aux difficultés inhérentes aux inégalités hommes-femmes. Quoi qu’il en soit, Delphine n’a pas eu à en souffrir lors de la création de son entreprise. Une création qui répondait à un besoin et à une envie d’indépendance ; de faire ses propre choix et d’essayer de transmettre des valeurs de travail à ses enfants.

Bien qu’elle ait la chance de ne pas être touchée par une quelconque inégalité entre les genres, du fait du milieu professionnel dans lequel elle évolue, Delphine n’est pas insensible au problème.

“Les inégalités hommes-femmes dans le monde du travail ne sont pas acceptables, et sont même honteuses. Une femme a tout autant de droits et de devoirs qu’un homme.”

Pour ce qui est des moyens, Delphine avoue ne pas avoir la solution, mais peutêtre faudrait-il simplement “faire les choses en bonne intelligence, pour le bien-être de tous et de toutes, avec bienveillance.” Cela aurait pu faire une chanson de John Lennon… Imagine.

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journee internationale des femmes fabienne carmonaFABIENNE CARMONA
FC Collection
J’irais au bout de mes rêves
Il est notoire que les inégalités hommes-femmes ne touchent pas tout le monde de la même manière. Ainsi, selon le secteur d’activité, on ne voit pas les choses à l’identique. En ce qui concerne Fabienne et la création de sa boutique de vêtements féminins FC Collection, le problème n’a pas été la barrière masculine, mais plutôt le fait des lourdeurs administratives. Il faut croire que de ce point de vue au moins, l’égalité est respectée… Mais qu’importe. Le monde de la mode a toujours été son sujet de prédilection et le tissu sa matière préférée. De plus, avoir sa propre boutique était le rêve d’une vie. Partant de là, Fabienne aurait été prête à tout affronter pour y parvenir.

Femme de caractère, elle ne fait pas dans la victimisation. Pour elle, la vie “est un éternel combat, alors on arrête de pleurnicher et on y va !”

Fabienne, elle, y est allée sans regarder, voici bientôt quatre ans et s’il n’est pas dans son caractère de regretter quoi que ce soit, elle ne regrette surtout pas d’être allée au bout de ses rêves…

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journee internationale des femmes fredo laurentFRÉDO LAURENT
Savons, Senteurs et Cie
Bulle de savon
Frédérique Laurent, dite “Frédo”, n’a jamais eu à souffrir du fait d’être une femme, pas plus que de l’inégalité entre masculin et féminin.

Cela ne l’empêche pas de trouver scandaleux qu’en 2018, il y ait encore 30 % d’écart salarial entre les hommes et les femmes à travail égal. “Si on ne peut pas être tout à fait égaux, physiquement, rien ne justifie que les hommes soient mieux payés que leurs homologues féminins.”

C’est peut-être un peu ce constat qui a décidé Frédo à débuter seule cette nouvelle aventure : reprendre une boutique de parfums d’ambiance, bougies, savons et cosmétiques. “À soixante ans, tu achètes ton travail, car il est difficile de trouver un job. Selon ses possibilités, il faut saisir les opportunités qui se présentent et se lancer.”

Chez Savons, Senteurs et Cie, la clientèle est mixte, avec tout de même une légère prépondérance féminine. Mais ce qu’il y a de rassurant pour Frédo, c’est que de plus en plus de couples viennent choisir ensemble les senteurs de la maison. Signe des temps.

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journee internationale des femmes stephanie ouvrardSTÉPHANIE OUVRARD
AGGLO Villefranche Beaujolais
Femme des années 80…
Responsable de la communication de l’AGGLO, Stéphanie Ouvrard oeuvre dans un milieu qui oscille entre social, économie locale, population et aménagement territorial, le tout dans un contexte hautement politique.

Pourtant, cela ne constitue pas un problème pour Stéphanie. “Je n’aborde pas mon travail en tant que femme, mais en tant qu’être humain.” Ce qui ne l’a pas empêché de ressentir des difficultés à s’imposer au début de sa carrière. “On m’appelait ‘jeune fille’ et on remettait ma parole en cause du fait d’être une femme.”

Féministe dans l’âme, Stéphanie a toujours revendiqué la même place pour la femme que pour l’homme, mais elle s’estime chanceuse de ne pas avoir à subir les inégalités salariales du fait de son emploi dans le secteur public. Toutefois, elle constate que “si les femmes sont majoritaires dans la fonction publique (60 à 65 % des postes sont occupés par des femmes), elles sont souvent cantonnées à des postes à moindre responsabilité et par conséquent, moins bien rémunérés. Et ça, ce n’est pas normal !”

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journee internationale des femmes catherine taverneCATHERINE TAVERNE
Votre Atelier
Ah si j’étais un homme…
… je serais tapissier. Métier plutôt masculin car assez physique, la réfection de sièges tissus ou encore la couture d’ameublement est de plus en plus investie par des femmes. Or, en 2012, année de création de Votre Atelier, cette évolution des genres était encore marginale et Catherine a eu un peu de mal à s’imposer face aux professionnels caladois. Mais la passion a eu raison de toutes les difficultés !

Passionnée de tissus depuis toujours et formatrice de métier, elle s’est tout naturellement tournée vers la transmission du savoir. Et c’est de cette idée qu’est née son envie d’indépendance concrétisée par des stages, cours et formations à la carte autour de sa passion, et qui permettent aux personnes (des deux sexes) souhaitant apprendre le métier de Tapissier de se présenter en candidat libre et de se former à la pratique. Une pratique qui ne tient désormais plus compte du genre et qui repose davantage sur des qualités plus sûres : le goût du beau et le talent qui permet d’en faire un art à part entière.

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journee internationale des femmes agnesAGNÈS
Blanc KC
Femme libérée…
Même si elle n’est pas à la tête de cette entreprise familiale, Agnès est directement au contact de la clientèle. Elle même, de par sa position, n’a pas eu à pâtir des inégalités, mais elle a pu les constater tout au long de sa vie professionnelle.

Tandis qu’elle oeuvrait dans le prêt-à-porter féminin, elle a eu l’occasion de voir s’exercer le pouvoir masculin, y compris dans le choix des vêtements de femmes qui n’avaient d’autre choix que de se plier aux désirs de leur mari. Comme quoi l’inégalité n’est pas uniquement salariale et que la “libération de la femme” a encore du pain sur la planche avant d’être effective… Mais ce n’est pas une tendance générale.

Ainsi, Agnès reconnaît qu’en matière d’achat vestimentaire, les hommes sont souvent plus faciles que les femmes…

Autre sujet de satisfaction quant à l’avenir d’une certaine équité des genres, le fait que dans le domaine de la déco et de la maison, les deux composantes du couple s’impliquent tout autant, ce qui n’était certainement pas le cas de la génération précédente.

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journee internationale des femmes severine moretto rantySÉVERINE MORETTO-RANTY
Utiade (Créateur d’Immobilier)
Quel tempérament de feu…
En tant que directeur technique d’Utiade, Séverine a dû s’imposer à ses débuts. Il lui a fallu être techniquement irréprochable et faire davantage ses preuves qu’un homme. C’est pour elle la seule inégalité dont elle ait eu à souffrir.

Il faut dire que la dame a du répondant… “C’est une question de tempérament, de prédisposition génétique ou d’intelligence un peu masculine sans doute… mais je suis plutôt plus à l’aise avec les hommes qu’avec les femmes dans le travail.” Elle considère même qu’une fois les compétences actées, tout devient plus facile pour une femme du fait d’une écoute et d’une attention privilégiées.

Quant aux différences salariales, rien ne les justifie. “Nous avons tous les mêmes capacités, au moins intellectuelles, et il va donc falloir que cela change et qu’on reconnaisse enfin le travail des femmes à sa juste valeur.”

Bien que non féministe, Séverine est adhérente du Cercle de Zaha, une association créée dans l’intention de faire travailler les femmes entre elles dans le monde du BTP.

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journee internationale des femmes danielle pradonDANIELLE PRADON
Albaligne
Être une femme…
Après plusieurs années à Paris et à Lyon où elle a acquis une belle expérience en matière de beauté, de bien-être, de minceur et de soins esthétiques, Danielle, la petite cinquantaine, a saisi l’opportunité de se lancer dans une aventure dont elle avait toujours rêvé : être à la tête de son propre institut. On aurait pu croire dès lors qu’elle aurait eu à souffrir d’un certain sexisme. En réalité, elle s’est sentie plutôt avantagée au niveau des aides financières dédiées aux femmes créatrices d’entreprises.

Même au cours de ses expériences professionnelles précédentes, elle dit ne jamais avoir ressenti de différences ou d’inégalités. Mieux, elle avoue avoir préféré travailler avec des hommes qui lui ont toujours fait confiance.

Pour Danielle, la principale inégalité entre hommes et femmes au travail réside dans la maternité. “Quand une femme interrompt son activité pour s’occuper de ses enfants, il est parfois difficile de redémarrer. Sans compter que sa charge de travail est alors beaucoup plus importante. Mais c’est un choix.”
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